Le Magicien d'Oz, roman américain de L. Frank Baum paru en 1900, n'est pas une œuvre steampunk au sens du genre apparu bien plus tard. Son ballon, son Bûcheron en fer-blanc, ses décors et les tours du Magicien peuvent toutefois nourrir une réinterprétation steampunk. Voici ce qui appartient au récit et ce qu'un créateur peut librement lui ajouter, sans confondre le livre avec le film de 1939.
Mis à jour le 25 septembre 2026.
Le steampunk imagine d'autres usages des techniques anciennes ; la gaslamp fantasy mêle plus volontiers décor historique et magie. Oz peut inspirer les deux, mais aucune étiquette moderne ne décrit à elle seule le livre de Baum.
Les sept images de cette page sont des interprétations visuelles d'Oz ; elles ne sont pas des illustrations d'édition de 1900 ni des images du film de 1939.
Le roman de 1900 est-il steampunk ?
La Library of Congress conserve la première édition de The Wonderful Wizard of Oz, publiée à Chicago et New York en 1900. Cette date le place à la fin du règne de Victoria, mais le livre est une fantaisie américaine, pas un récit de l'Angleterre victorienne ni un manuel de machines à vapeur. Le rapprocher du goût steampunk pour le XIXe siècle est une lecture actuelle, pas la définition historique de l'œuvre.
Dans le roman, Dorothy cherche le chemin du Kansas avec l'Épouvantail, le Bûcheron en fer-blanc et le Lion. Le Bûcheron n'est pas un automate : il raconte qu'un ferblantier a remplacé successivement ses membres et son corps. Son désir d'un cœur appartient au conte, pas à une théorie de l'ingénierie. Le texte du roman permet de retrouver cette histoire sans l'attribuer à une création steampunk ultérieure.
Quatre motifs d'Oz à réinterpréter sans réécrire le livre
- Le Bûcheron en fer-blanc : ses jointures et son huile contre la rouille sont bien dans le récit. Pour un dessin ou un costume, on peut imaginer des plaques rivetées et des cadrans ; ces cadrans sont un ajout artistique, pas une description de Baum.
- Le Magicien et ses illusions : derrière l'apparence d'un grand sorcier, Oz utilise notamment une tête suspendue, un fil et sa voix de ventriloque. Le contraste entre effet spectaculaire et dispositif caché se prête à un décor de théâtre mécanique.
- La Cité d'Émeraude : les lunettes vertes imposées aux visiteurs jouent sur la perception de la ville. Émeraude, laiton patiné et verre coloré peuvent former une palette décorative ; le roman ne décrit pas pour autant une cité construite en cuivre steampunk.
- Le ballon : le Magicien est arrivé en ballon et prépare ensuite un ballon à air chaud, pas un dirigeable pilotable. Une illustration peut lui ajouter une nacelle fantastique, à condition de distinguer ce choix visuel du véhicule raconté par Baum.
Ces épisodes sont lisibles dans les chapitres du roman original. Ils offrent des points d'appui plus précis que l'affirmation générale selon laquelle Oz serait déjà « une œuvre steampunk ».
Roman et film : quel Oz voulez-vous évoquer ?
Le film MGM de 1939 a durablement fixé certaines images d'Oz, mais il ne faut pas les réinjecter dans le texte de 1900. Dorothy porte des chaussures d'argent dans le roman ; le film de 1939 les transforme en souliers rubis. Le National Museum of American History documente cette différence. Pour une composition inspirée du livre, partez de l'argent, du jaune des briques et du vert des lunettes ; pour une évocation du film, le rouge peut avoir sa place. Préciser sa référence rend le choix plus intéressant qu'un mélange automatique de tous les signes connus.
Créer une ambiance Oz steampunk sans accumuler les accessoires
Choisissez un seul motif narratif — le chemin, les lunettes de la Cité ou le Bûcheron — puis une seule matière rétrofuturiste. Dans un coin lecture, une couleur émeraude, une texture de brique jaune et une lampe d'inspiration steampunk suffisent à suggérer l'univers ; la fiche du modèle doit confirmer ses matériaux et ses caractéristiques. Notre guide de décoration steampunk aide à composer le reste de la pièce sans prétendre que chaque objet figure dans le roman.
Pour une tenue, choisissez plutôt un accessoire qui raconte le personnage : un chapeau pour un Magicien réinventé, un panneau métallique souple pour un Bûcheron imaginaire, ou une touche vert émeraude pour Dorothy. Les pièces doivent rester confortables et sûres à porter. Le guide du costume steampunk donne d'autres repères pratiques ; il ne s'agit pas ici d'affirmer qu'un costume « officiel » Oz-steampunk est vendu par la boutique.
DIY facile : un cadre du chemin de briques jaunes
Ce cadre du chemin de briques jaunes donne un résultat décoratif simple, sans électricité ni flamme. Matériel : un cadre de récupération, une feuille épaisse, peinture jaune et verte ou papiers colorés, colle adaptée, crayon et règle. Une petite forme découpée dans du papier métallisé peut suggérer la touche steampunk. Voici les quatre étapes :
- Étape 1 : tracez une route qui se rétrécit vers l'horizon ; divisez-la en briques irrégulières plutôt qu'en quadrillage uniforme.
- Étape 2 : colorez la route en jaune et placez une silhouette verte de la Cité au loin. Laissez sécher selon la notice des matériaux utilisés.
- Étape 3 : ajoutez un seul détail rétrofuturiste, par exemple un cadran dessiné ou un contour cuivre en papier. Ce détail est votre interprétation, pas un objet du roman.
- Étape 4 : encadrez la feuille et placez le cadre à hauteur de regard, sans masquer les éléments que vous voulez montrer.
Pour un autre projet de débutant, notre guide steampunk DIY propose également un cadre décoratif. Ici, la référence à Oz donne au motif et aux couleurs leur cohérence.
Ce qu'il faut retenir
Oz n'est ni une invention steampunk d'époque ni une simple réserve d'engrenages. Le roman de 1900 raconte des personnages, des illusions et un voyage ; le film de 1939 en a changé certaines images. Une création Oz-steampunk réussie part d'un détail identifiable du récit, annonce ce qu'elle réinvente et laisse l'illustration, le costume ou la décoration raconter le reste. Pour explorer plus largement les œuvres inspirées de ce vocabulaire, voyez notre article sur l'art steampunk.
Sources consultées : Library of Congress, première édition de 1900 ; texte intégral de Baum ; National Museum of American History, souliers du film.






