Découvrez V pour Vendetta: Un Cri de Liberté

Sommaire

V pour Vendetta

V pour Vendetta désigne d’abord le roman graphique dystopique écrit par Alan Moore et principalement dessiné par David Lloyd, puis son adaptation cinématographique réalisée par James McTeigue. Les deux œuvres suivent V et Evey Hammond dans une Grande-Bretagne autoritaire, mais elles ne racontent pas exactement la même histoire et ne défendent pas les mêmes nuances politiques.

Ce guide explique l’origine de l’œuvre, ses choix cinématographiques, ses personnages et le masque de Guy Fawkes. Il répond aussi aux recherches « histoire vraie » et « qui est V » : V est un personnage fictif à l’identité volontairement inconnue, tandis que Guy Fawkes et la conspiration des Poudres de 1605 appartiennent à l’histoire réelle.

 

V pour Vendetta : roman graphique, film et contexte

Le Contexte de V for Vendetta

Le roman graphique imagine une Grande-Bretagne d’après-guerre, donc un Royaume-Uni futur, dominée par Norsefire, un régime fasciste qui contrôle la population par la surveillance, la propagande et la répression. Son dirigeant s’appelle Adam Susan. Le film conserve Londres, V, Evey et le pouvoir totalitaire, mais renomme le chef Adam Sutler, interprété par John Hurt, et actualise les mécanismes de la peur collective. Il faut donc préciser le support lorsque l’on résume l’intrigue.

 

Alan Moore : le scénariste du roman graphique

Alan Moore Steampunk

Alan Moore écrit V for Vendetta avec David Lloyd pour le magazine britannique Warrior. La série y paraît de 1982 à 1985, puis elle est compilée et achevée chez DC Comics en 1988-1989, selon la chronologie publiée par DC. L’œuvre oppose l’anarchisme revendiqué par V à un État fasciste, sans transformer son protagoniste en modèle moral simple : ses méthodes violentes et sa manipulation d’Evey restent au cœur de l’interprétation.

 

V

David Lloyd : le co-créateur et dessinateur du masque de V

David Lloyd est le co-créateur et principal dessinateur du roman graphique. Il conçoit pour V une représentation stylisée de Guy Fawkes : ce masque de Guy Fawkes n’est donc pas le portrait fidèle d’un homme du XVIIe siècle. Il permet surtout au personnage d’effacer son visage et de devenir une identité transmissible. Popularisé auprès du grand public par le film de 2006, ce dessin a ensuite été repris dans des manifestations et associé au collectif Anonymous.

 

James McTeigue : le réalisateur du film de 2006

James McTeigue réalise le film sorti en 2006, d’une durée d’environ 132 minutes. L’American Film Institute confirme Natalie Portman dans le rôle d’Evey, Hugo Weaving dans celui de V, Stephen Rea dans celui de l’inspecteur Finch et John Hurt dans celui d’Adam Sutler. Le film transforme le matériau politique du comic en thriller dystopique centré sur la fabrication de la peur, la propagande télévisée et la mobilisation populaire.

 

Le scénario du film par Lana et Lilly Wachowski

Les frères Wachowski, connus pour Matrix, ont adapté le scénario de V pour Vendetta

Lana et Lilly Wachowski, créditées à l’époque sous les noms Larry et Andy Wachowski, signent le scénario et participent à la production. Elles conservent V, Evey, Finch, le 5 novembre et plusieurs scènes structurantes, mais recomposent le contexte politique et les personnages pour un long métrage. Le British Film Institute attribue bien la réalisation à McTeigue et l’écriture-production aux Wachowski : Alan Moore n’a pas écrit le film et a publiquement pris ses distances avec cette adaptation.

 

Roman graphique et film : quelles différences ?

L’adaptation reprend l’ossature de la bande dessinée, mais elle ne lui est pas strictement fidèle. Trois différences évitent les confusions les plus fréquentes :

  • Le contexte et l’idéologie : le comic confronte explicitement anarchisme et fascisme dans une Grande-Bretagne marquée par une guerre nucléaire. Le film privilégie un régime qui entretient la peur par le terrorisme, l’épidémie, les médias et la surveillance. Son message est plus directement tourné vers l’unité du peuple.

  • Les personnages et les institutions : Adam Susan et l’ordinateur Fate appartiennent au roman graphique ; Adam Sutler est le dirigeant du film. Evey, Finch et V conservent leurs fonctions essentielles, mais leur âge, leurs relations, leurs motivations et leur évolution sont remaniés.

  • Le sens de V : dans les deux versions, V lutte contre un pouvoir oppressif et prépare Evey à lui survivre. Le comic insiste davantage sur l’ambiguïté entre libérateur, anarchiste, meurtrier et manipulateur ; le film rend plus lisible sa trajectoire de vengeur et de symbole collectif. Comparer les deux œuvres est donc plus juste que parler d’une transposition fidèle.

 

 

Les personnages principaux de V pour Vendetta

V et Evey Hammond forment le centre du récit, mais l’inspecteur Finch est également déterminant : son enquête révèle progressivement comment Norsefire a construit et protégé son pouvoir.

 

V : personnage fictif, idée politique et antihéros

V  L'Incarnation d'une Idée Révolutionnaire

V est le personnage masqué interprété par Hugo Weaving dans le film. Il n’est ni Guy Fawkes ressuscité ni un personnage historique : son identité civile demeure inconnue. Rescapé d’expériences menées par le régime, il associe vengeance personnelle et projet politique, prépare minutieusement ses attaques et utilise l’image du conspirateur de 1605 pour annoncer la destruction du Parlement.

Le masque empêche de réduire V à un visage ou à une biographie. Cette disparition soutient l’idée qu’un symbole peut être repris par d’autres, mais elle ne rend pas ses actes innocents. V tue, détruit, trompe et soumet Evey à une détention et à une torture psychologique : l’œuvre demande au lecteur ou au spectateur de juger la fin et les moyens, pas d’admirer un héros sans réserve.

V fonctionne ainsi comme un antihéros et une question politique. Sa résistance révèle les crimes de l’État, tandis que sa violence et son contrôle des événements brouillent la frontière entre émancipation, terrorisme et autorité personnelle.

 

Evey Hammond : de la peur à l’autonomie

Evey Hammond  La Co-protagoniste

Evey Hammond, interprétée par Natalie Portman dans le film, vit sous la surveillance et la répression de Norsefire. Sa rencontre avec V la place entre plusieurs forces : la peur du régime, la fascination pour son sauveur, la violence de ses méthodes et le désir de choisir elle-même sa conduite.

Son parcours n’est pas une adhésion immédiate à la stratégie de V. Elle résiste, fuit, subit sa manipulation puis transforme l’épreuve imposée en indépendance intérieure. Le film et le roman graphique diffèrent sur plusieurs étapes, mais tous deux font d’Evey la personne capable de décider ce qui doit survivre de V après sa mort.

 

Explication des thèmes : liberté, identité, violence et résistance

V pour Vendetta analyse la manière dont un État autoritaire transforme la peur en obéissance. Surveillance, police politique, propagande, censure et désignation de minorités comme ennemies réduisent l’espace de la liberté individuelle. La résistance ne se limite pourtant pas à remplacer un chef : l’enjeu est aussi de rendre aux citoyens leur capacité de décision.

régime totalitaire du Royaume-Uni dans v pour vendetta

L’identité est construite par les noms, les voix, les archives, les médias et les masques. V efface son passé pour devenir un signe ; Evey apprend à ne plus laisser la peur décider pour elle ; Finch doute du récit officiel qu’il est chargé de défendre. Le dénouement reste volontairement politique plutôt que biographique : révéler un visage sous le masque réduirait V à une seule personne.

 

V pour Vendetta est-il steampunk ?

Non : V pour Vendetta n’est pas une œuvre steampunk. Le steampunk repose généralement sur une réinvention rétrofuturiste du XIXe siècle et de ses technologies, notamment la vapeur. Ici, l’action se déroule dans un futur dystopique doté de surveillance, de télévision et d’infrastructures modernes. Le Londres sombre, le costume de V et certains décors peuvent créer une affinité visuelle avec d’autres imaginaires rétro, mais ils ne suffisent pas à changer le genre de l’œuvre.

 

Le masque et l’histoire vraie de Guy Fawkes

Le masque de Guy Fawkes dans V pour Vendetta

La part historique tient à Guy Fawkes, pas à V. Le London Museum rappelle que la conspiration des Poudres visait à faire exploser la Chambre des lords le 5 novembre 1605 et que Fawkes, chargé de la poudre, fut arrêté. Robert Catesby dirigeait le complot : présenter Fawkes comme son unique cerveau serait inexact. David Lloyd transforme ensuite ce visage historique en masque stylisé pour la fiction ; le film contribue à sa diffusion mondiale, puis Anonymous et différents mouvements de protestation se le réapproprient.

 

La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

 La Ligue des Gentlemen Extraordinaires : Une Oeuvre Steampunk

 

Politique et ambiguïté morale : que signifie la fin ?

Norsefire maintient son pouvoir par la peur, la propagande, la surveillance et la violence d’État. V lui répond par les assassinats, le sabotage, la mise en scène médiatique et la destruction de symboles politiques. L’opposition n’est donc pas un jeu simple entre mensonge et vérité : les deux camps cherchent à orienter le comportement collectif, avec des buts et des responsabilités radicalement différents.

 V pour Vendetta et la Politique

La fin ne signifie pas seulement qu’un homme a vaincu un gouvernement. V disparaît, Evey choisit ce qu’elle fait de son héritage et la foule cesse d’être un décor passif. Le masque devient alors paradoxal : il cache l’individu, mais permet à chacun d’occuper la place du symbole. Cette ouverture explique pourquoi V pour Vendetta peut être lu à la fois comme une critique du fascisme, une défense de l’insoumission et un avertissement sur la violence politique.

Sources de vérification : DC pour les auteurs et l’édition, DC pour la publication dans Warrior et l’achèvement de la série, AFI et BFI pour le film, et le London Museum pour les événements de 1605. Repères vérifiés en juillet 2026.