Mis à jour le 26 septembre 2026. Phileas Fogg est le héros fictif du Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. Cet article s'intéresse à son caractère et à ses choix ; pour l'itinéraire et les adaptations du roman, consultez notre guide consacré au voyage. Le parallèle avec le steam punk est une lecture esthétique rétrospective, pas une étiquette donnée par Verne à son œuvre.
Qui est Phileas Fogg ?
Au début du roman, Fogg habite Londres, suit une routine minutieuse et fréquente le Reform Club. Son passé, la source de sa fortune et une grande part de ses pensées restent inconnus du lecteur. Cette réserve fait de lui autre chose qu'un simple dandy victorien : Verne crée un personnage difficile à déchiffrer, dont les actes comptent davantage que les confidences.
Le pari du tour du monde met cette routine à l'épreuve. Fogg calcule les départs et les correspondances, mais il doit aussi improviser lorsque le réseau de transports ne suit pas son programme. Comparer cette manière d'agir à celle d'autres héros de Voyage au Centre de la Terre peut être amusant ; elle ne fait pas de lui un ingénieur ou un inventeur dans le récit.
Un héros réglé comme une horloge, mais pas sans attachement

Le portrait initial insiste sur son calme et sa ponctualité. Pourtant, ses décisions ne se réduisent pas au chronomètre : il accepte de perdre du temps et de l'argent pour aider autrui. C'est la tension centrale du personnage. Notre article sur le tour du monde en 80 jours raconte l'ensemble de la course ; ici, il importe de regarder ce que ses écarts au programme disent de lui.
Les machines et les trajets structurent le roman, mais Fogg n'habite pas le monde imaginaire de Nautilus dans Vingt Mille Lieues sous les Mers. Les illustrations et vêtements steampunk pour homme associés au style steampunk sont des réinterprétations actuelles ; ils ne documentent pas la tenue exacte du personnage de 1872.
Trois traits à observer en lisant
- La réserve : le narrateur livre peu de passé ou de motivation intérieure ; le lecteur doit interpréter les gestes de Fogg.
- La précision : horaires, dépenses et itinéraire rendent le pari crédible dans la fiction, sans supprimer les imprévus.
- La solidarité : les liens noués pendant le trajet compliquent l'image d'un calculateur indifférent. Le récit De la Terre à la Lune et l'histoire des bateaux à vapeur montrent d'autres usages verniens de la technique, pas une personnalité identique.
Fogg, Passepartout, Aouda et Fix : quatre regards sur le pari

Jean Passepartout, son domestique, contraste avec sa retenue : il réagit, s'inquiète et agit parfois avant de tout calculer. Leur relation évolue avec les obstacles ; le texte intégral du roman permet de suivre leurs échanges. Michel Strogoff offre un autre portrait d'un héros de Verne, mais pas une preuve d'une psychologie commune.

Aouda n'est pas seulement une récompense au terme d'un exploit : sa présence conduit Fogg à choisir entre le calendrier et une personne. Fix, détective convaincu à tort d'avoir trouvé un voleur de banque, lit au contraire chaque geste comme suspect. Le roman confronte ainsi plusieurs interprétations d'un homme qui parle peu. Des gilets steampunk peuvent évoquer visuellement le XIXe siècle, mais ils n'expliquent aucun de ces rapports entre personnages.
Du personnage de roman au voyage réel

Fogg n'a jamais voyagé dans le monde réel : il appartient à la fiction de Jules Verne. La journaliste Nellie Bly a ensuite entrepris un tour du monde réel en se mesurant au défi littéraire ; la BnF présente son récit. Cette postérité ne renseigne pas sur le « passé caché » de Fogg, que le roman ne raconte pas. L'Île Mystérieuse est un autre roman d'aventure, pas un épisode de sa biographie.
Le lecteur peut distinguer trois plans : le personnage inventé, les conditions historiques des voyages au XIXe siècle et les adaptations ou costumes postérieurs. Des manteaux steampunk pour homme relèvent du troisième plan ; ils ne reproduisent pas nécessairement un costume attesté du roman.
La vapeur et les horaires : décor ou moteur du récit ?

Paquebots, trains et correspondances rendent le pari narrativement possible. Selon la notice de la BnF, le roman paraît en feuilleton en 1872, dans un contexte marqué notamment par le canal de Suez et l'essor des réseaux ferroviaires et maritimes. Verne utilise des techniques de son temps ; il ne décrit pas un futur à vapeur inventé de toutes pièces.
Le temps est surtout un ressort dramatique : la régularité des machines, les retards et les décisions humaines se contrarient. Notre article sur la mode steampunk contemporaine explore le détournement moderne de ces images ; il ne faut pas confondre cette esthétique avec le témoignage historique du roman.
Pourquoi le steampunk s'approprie-t-il Fogg ?

Un gentleman londonien, une montre, des trains et des bateaux à vapeur : ces motifs se prêtent à une réinterprétation contemporaine. Le steampunk est toutefois un genre ultérieur. Le Fogg de Verne n'est ni équipé d'engrenages apparents ni présenté comme un héros « steampunk » dans le texte. L'image de montre ci-dessous est une évocation visuelle, non une illustration documentaire de l'édition d'origine.
Des vêtements pour gentleman peuvent prolonger cette lecture esthétique, sans devenir une source sur le personnage littéraire.
Pour lire le personnage sans le confondre avec son costume, partez de ses choix face à Passepartout, Aouda et Fix, puis revenez au roman. L'adaptation vestimentaire peut ensuite rester libre, à condition de la nommer comme telle.
Sources vérifiables
- Jules Verne, Le Tour du monde en quatre-vingts jours, texte intégral.
- Bibliothèque nationale de France, notice du roman.
- Bibliothèque nationale de France, Nellie Bly et son tour du monde.
Eugénie Vaporette
Chronique éditoriale Steampunk Store








